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Fonctionnement de l'espace personnel.

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Jean-pierre
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Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Jean-pierre le Sam 13 Sep - 16:23

Cet espace est plus réservé aux membres, bien que les invités puissent répondre s'ils le souhaitent.

Dans cette rubrique, chacun pourra mettre et suivre son ou ses sujet(s) personnel(s), ses écrits ou ses photos un peu à la manière d'un blog.

Bien entendu, il faudra accepter les commentaires des autres membres car c'est plus réactif qu'un blog et une conversation pourrait alors s'engager entre divers membres du Défouloir.

A la demande de l'auteur du sujet, la conversation pourra être séparée et déplacée dans un autre endroit du forum.

Pas d'autres règles que celles du Défouloir.

Je déplacerai ici quelques sujets déjà commencés et qui sont disséminés un peu partout dans le forum comme les "écrits de Provence" ou "réaction à chaud" pour ne citer que ceux-là.

Si j'en oubliais, n'hésitez pas à me le dire par MP ou par courriel.

Defoulez vous bien. Smile


Dernière édition par Jean-pierre le Ven 15 Juil - 21:17, édité 1 fois


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francoise
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par francoise le Sam 13 Sep - 17:06

merci pour cette nouvelle rubrique
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Invité le Dim 14 Sep - 7:52

j'aime bien aussi merci pour l'idée
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Jean-pierre
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Jean-pierre le Dim 14 Sep - 7:54

Il n'y a plus qu'a continuer pour ceux qui ont un sujet que j'ai déjà déplacé, ou en créer un pour les autres.


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yvesg74
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bonjour...

Message par yvesg74 le Lun 25 Jan - 19:02

je cherche comment insérer une vidéo, un petit clip de 5mn que j'ai fait moi-même sur un joyeux moment de déneigement sur le tarmac de geneve airport debut janvier 2010.
voici le lien...
http://www.wat.tv/video/deneigement-janvier-2410f_gviu_.html
si jamais......! je peux désactiver la musique, si besoin..... j'en mettrais une autre au besoin, mais il y a une partie vocale que j'aimerais conserver....!
merci
a plus
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NIKOL
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par NIKOL le Lun 25 Jan - 19:11

Mon Dieu Yves!!! Quelle horreur toute cette neige !!! Brrrrrrrrrrrrr!!!!!!!!!!!!!!
Heureusement j'espére que c'est ...derriére nous et que le printemps va vite pointer ses bourgeons et son nez !!!
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yvesg74
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par yvesg74 le Lun 25 Jan - 19:16

....'parait qu'elle risque de tomber encore cette nuit...! si c'est le cas, je passerai la lame en pensant à toi!!! tu veux venir voir...?
ps: et encore, on en avait déjà mal raclé....!
bizzzes.....
yves
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Jean-pierre
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Jean-pierre le Lun 25 Jan - 20:00

yvesg74 a écrit:je cherche comment insérer une vidéo, un petit clip de 5mn que j'ai fait moi-même sur un joyeux moment de déneigement sur le tarmac de geneve airport debut janvier 2010.
voici le lien...
http://www.wat.tv/video/deneigement-janvier-2410f_gviu_.html
si jamais......! je peux désactiver la musique, si besoin..... j'en mettrais une autre au besoin, mais il y a une partie vocale que j'aimerais conserver....!
merci
a plus

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


Bonsoir Yve,

Pour mettre le lecteur directement sur le forum ou sur un blog il faut que tu copies sur le lien "Exporter ce player sur son site/blog" qui se trouve en dessous du lien que tu as copier.

Le mieux et de mettre les deux liens car il y a des personnes qui n'ont pas une version récente des lecteurs ou n'ont pas fait de mises à jour pour pouvoir les lire.


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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Papounet Michel le Jeu 13 Mai - 21:01

si je vous arle Généalogie cela vous agrée t'il. Recherche nom de famille. Comment buen se servir de son P.C;
voilà les questions que je me pose .ËTES-vous prêt a m'aider
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Jean-pierre
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Jean-pierre le Jeu 13 Mai - 21:04

Bonjour et bienvenu Papounet Michel.

Nous ne sommes pas vraiment spécialistes dans le domaine mais si on peut on t'aidera avec le plus grand des plaisirs.

N'hésite pas à créer des sujets sur les questions que tu te poses et n'hésite pas à faire partager ton expérience dans tes domaines.


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Michel
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Michel le Jeu 13 Mai - 21:09

Pendant un certain temps je me suis plongé dans la généalogie , hélas je suis bloqué avec mon arrière grand père paternel .

Il faut dire que c'est assez passionnant de faire des recherches sur nos ancêtres , j'ai retrouvé un arrière grand oncle que personne ne connaissait , même mon oncle en a été saisi et pourtant cette personne a bien existé .



Papounet Michel
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Papounet Michel le Jeu 13 Mai - 21:20

Qu'importe que vous soyez spécialiste ou pas, le tout c'est de parler de nos familles, d'ou nous venons, ce qu'on fait nos ancêtres(les miens tous ont été dans la chaussures, cordonniers) Un a été artiste de cirque, je vous passerai une photo parue dans un journal. Allez salut assez pour mon premier contact.... Papounet Michel
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Jean-pierre
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Jean-pierre le Jeu 13 Mai - 21:24

Jusqu'au grand parent je sais après c'est déjà plus flou mais je peux me renseigner car il y a ma nièce qui a fait un epeu l'arbre généalogique de la famille.

Bonne soirée Papounet


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Michel
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Michel le Jeu 13 Mai - 22:12

Bonne soirée à toi et n'hésites pas à nous parler de généalogie , c'est très intéressant .

patrice69
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par patrice69 le Mer 9 Juin - 21:34

Voila ce soir , après le JT TF1 , j"ai envie de vomir sur cette France , ma France !!! A Nantes un triste Sir marié quatres fois et Dix Septs enfants touche les les allocs et j'aire des ouvriers au noir , Madame ex Ministre touche 9500 euros plus voiture de fonction et le personnel payer par nous , les footeux couchent à plus de 600 EUROS LA NUIT . J'arret car cela me dégoûte
Ho ma France , j'ai mal pour toi et j'ai envie de pleurer
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Jean-pierre
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Jean-pierre le Mer 9 Juin - 22:08

Je crois qu'il y a beaucoup de personne de nos générations qui ressentent les même choses et qui ne comprennent plus vraiment tout ce qu'il se passe non seulement en France mais dans le monde.

Comment en est on arrivé là Question On peut se poser la question pourtant les gens que je connais autour de moi sont des personnes qui ont des valeur morale qui ont travailler dur et fait des métiers pas facile et qui ont élever correctement leurs enfants.

C'est souvent la question que je me pose ou est ce que ça à dévissé.


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provence
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je ne peux toujours pas entrer J-P fait quelque chose !!!!!

Message par provence le Jeu 22 Mar - 18:40

Vous avez spécifié un nom d'utilisateur incorrect ou inactif ou un mot de passe invalide

voilà ce que je peux lire..................
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provence26
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lisez ceci !!!!

Message par provence26 le Dim 11 Nov - 17:04

Est-ce qu'un petit poème vous ferait plaisir ?

Alors lisez celui-ci.



Même Ronsard en donne la conclusion.







C'EST TERRIBLE, MAIS VRAI ...



Tu l'as voulue l'indépendance,

Tu réclames même la repentance

Alors que fais-tu en France

Baladant ton arrogance?

Avec toute ta famille,

Tes femmes et tes filles,

Que les voiles entortillent

Notre économie tu bousilles

Tes fistons cambriolent,

D'autres plus marioles

sont dans la fumerole

et roulent en belles bagnoles.

Tu ne connais pas le travail,

Pour toi c'est l'épouvantail,

A sa vue, tu bailles,

Et même tu défailles...

Tu es couvert par la Secu,

Tu as en plus la CMU,

Et tu restes à l'affut

Tu rêves de plus d'être élu...

En plus tu promets l'Islam,

A genoux sur le macadam,

Tu fêtes le ramadan.

Et des fatwas tu brames.

Alors petit maghrébin

Avec sous le bras tes bambins

Et tout ton saint-frusquin

Va retrouver ton président faquin.

La France n'est pas biculturelle

Vous êtes notre érésypèle

Plus même... nos écrouelles !!



QUAND REVIENDRA-T-IL CHARLES MARTEL ???


> >

Ronsard nous avait prévenu :


> >

Ah, France de ton malheur tu es cause en partie,

Je t'en ai, par mes vers, mille fois avertie.


> > Tu es marâtre aux tiens, et mère aux étrangers
> >



Qui se moquent de toi quand tu es en danger,

Car la plus grande part des étrangers obtiennent

Les biens, qui à tes fils, justement appartiennent.

Pierre de Ronsard (1524 - 1585)

*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*
si ton labeur est dur et si tes résultats sont minces,rappelles toi qu'un jour le grand chêne a été un gland...comme toi



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provence26
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légendes

Message par provence26 le Dim 11 Nov - 17:06




Légendes, Superstitions > Rochers de Pyraume, frères Frrrt de (...)


Rochers de Pyraume, frères Frrrt
de la Roche-des-Gasts (Deux-Sèvres)
(D’après « Mémoires de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres »)










Les superbes rochers de quartz blanc de Pyraume s’entassent au sommet d’un coteau assez élevé, dominant le bourg de Moulins (Deux-Sèvres). Le massif principal se trouve cependant sur le territoire de la Chapelle-Largeau, près d’un moulin à vent, au milieu d’une lande argileuse couverte de bruyères, de genêts, d’ajoncs et de buissons de houx. Du haut des rochers, la vue s’étend sur les bois et le château de la Blandinière, sur Châtillon-sur-Sèvre et les localités avoisinantes.
Le Loup-Garou, par Maurice Sand



Dans les légendes populaires, les rochers ou « chirons » de Pyraume servent de refuge à toute la gent diabolique de la contrée : loups-garous, lutins, farfadets. Les enfants se montrent avec effroi la cheminée du diable, sa table, son fauteuil et son lit gigantesque. Malheur aux imprudents qui osent regarder par les fissures et sonder les mystères de l’antre infernal ! Afin d’en chasser le démon, femmes et jeunes filles de Moulins organisèrent jadis une procession « sans parler », procédé infaillible, paraît-il, s’il était réalisable. La première femme qui arriva à Pyraume crut voir la silhouette du diable. Prise de frayeur, elle s’écria : « Le voilà ! le voilà ! » Aussitôt elle fut saisie, emportée, et jamais plus on ne la revit.

On voit encore, près des rochers de Pyraume, la fontaine des farfadets. Ces vilains petits bonshommes étaient des maraudeurs incorrigibles et de francs polissons. A la nuit tombante, ils montaient souvent sur la maison voisine de Nérette, dont la toiture se trouve presque au niveau du sol. Perchés sur le tuyau de la cheminée, ils laissaient tomber dans la poêle des flocons de suie et autres incongruités. Ils se plaisaient à taquiner la fermière, à lui voler ses pommes. En son absence, ils s’installaient au coin du foyer, sur les sièges les plus bas, qu’ils ne quittaient jamais sans les avoir souillés.

Fatiguée de leur sans-gêne et de leurs déprédations, la fermière rangea un jour, tout autour de la cheminée, des trépieds chauffés à blanc, des « marmottes (chaufferettes en terre cuite) pleines de braise, recouvertes de barreaux de fer rougis au feu. Les farfadets, sans défiance, s’assirent sur les sièges mis à leur portée, mais ils se redressèrent bien vite, hurlant de douleur, et criant dans leur fuite : « C... brûlé ! c... brûlé ! »

On raconte également que les farfadets gardent un trésor caché sous un énorme bloc, qui se soulève à minuit sonnant, la veille de Noël. A ce moment, l’or est offert aux libres convoitises de ceux qui consentent à céder « leur part de paradis ». Un poète local, Célestin Normandin, a consacré aux farfadets de Pyraume les vers suivants :
Dans les Avents, par les nuits sombres,
A Pyraume on entend souvent
Des cris plaintifs ; l’on voit des ombres
Errer lorsque mugit le vent.
Puis, quand vient l’heure solennelle,
Pendant la messe de minuit,
Un farfadet fait sentinelle
Et disparaît quand le jour luit.
Il garde, nous dit la légende,
De l’or dans ce maigre pâtis,
Et cet or, il faut qu’il le vende
Pour quelques « parts de Paradis ».

La Roche-des-Gasts (Loublande) est l’un des deux monticules les plus élevés et les plus pittoresques de la partie nord-ouest des Deux-Sèvres. Par un temps clair, le panorama du haut de cette colline est splendide. Au nord, c’est la petite ville industrielle de Cholet ; à l’ouest, le moyenâgeux et monacal Saint-Laurent-sur-Sèvre, et Chambretaud, patrie de la petite Jacquette, la mariée « qui resta toute habillée » ; plus au sud, brille la statue dorée de Saint-Michel, au sommet du Mont-Mercure, le point culminant da la Vendée.

Sur la colline de la Roche-des-Gasts, se trouvent deux ou trois fermes : le Gast, la Roche, la Butte. A quelques pas, on aperçoit deux vieux manoirs : la Coudraye-Noyers, avec ses tours en poivrière couronnées de mâchicoulis, et la Sauvagère, dont les seigneurs prétendaient jadis au tiers des menues dîmes sur toute la paroisse de la Chapelle-Largeau. On chercherait en vain, derrière ce rideau de verdure, la Sicardière, qu’habita le Barbe-Bleue de cette contrée, François Garnier le Décollé, lequel eut cinq femmes légitimes en sept ans et fut décapité à Poitiers, le 12 juillet 1737, après avoir été condamné à mort pour « incendies, inceste, vol et assassinat » (Archives départementales, Poitiers). Enfin, près de ces rochers de granit, sur le bord de l’Ouin au cours sinueux, se cache Escoubleau, berceau d’une famille célèbre.

Aucun paysan ne pourrait raconter l’histoire du cardinal François de Sourdis d’Escoubleau, favori de Henri IV, ni celle de son frère Henri d’Escoubleau de Sourdis, évêque de Maillezais, puis archevêque de Bordeaux, abbé commendataire de sept abbayes, commandant en chef des galères de Sa Majesté Louis XIII ; mais en revanche, tous sauront narrer les chevauchées fantastiques de François le Décollé et les naïves aventures des frères Frrrt de la Roche-des-Gasts.

Les frères Frrrt, fermiers de la Roche-des-Gasts, étaient d’une simplicité extraordinaire. Ils avaient perdu, disait-on, le peu d’esprit reçu par eux en partage, en allant se désaltérer à une fontaine voisine, dont l’eau, pourtant fort claire et limpide, est accusée d’affaiblir les facultés mentales de ceux qui en font usage. Le domaine de la Roche-des-Gasts (Gast est un vieux mot synonyme de lande, analogue au mot Gâtine) relevait autrefois de Saint-Pierre-des-Echaubrognes. Pour assister à la messe paroissiale, il fallait faire plus le deux lieues par des chemins creux, presque impraticables en hiver.

Les frères Frrrt entreprirent de remédier à cet inconvénient en essayant de rapprocher l’édifice religieux au moyen d’un gros câble de laine passé autour du clocher et tiré par des boeufs. Comme les brins de laine s’allongeaient sous l’effort de la traction, et que les boeufs avançaient : « Aubons ! aubons ! frère Frrrt, dit l’un d’eux, voilà le clocher qui vient ! » Aubons ! (levons-nous à l’aube, soyons vigilants) tel était le mot magique qui devait chasser les maléfices. Les frères Frrrt le répétaient à chaque instant. Jamais ils n’entreprenaient un travail, un voyage, jamais même ils ne sortaient de chez eux sans l’avoir prononcé.

Une fois, une seule fois, un dimanche, leur vigilance fut mise en défaut. Ils s’aperçurent de leur oubli à mi-chemin de l’église paroissiale. Bien vite, pour le réparer, ils rebroussèrent chemin et retournèrent à la ferme ; mais, quand ils arrivèrent à l’église, la messe était dite. Manquer la messe, c’était faute grave. Ils s’en confessèrent au curé, qui leur demanda s’ils avaient eu réellement l’intention d’assister à l’office. Après une réponse affirmative, le prêtre les congédia par ces mots : « Allez en paix, mes enfants, l’intention suffit ! »
A quelque temps de là, le curé des Echaubrognes visitait ses paroissiens ; il arriva à la Roche-des-Gasts au moment où les frères Frrrt se mettaient à table : « J’arrive à point, dit le Curé ; je vais pouvoir apaiser ma faim et manger chez vous. - Ah ! reprirent en choeur les frères Frrrt, vous pensiez manger chez nous ? Allez en paix, monsieur le Curé, l’intention suffit ! » Ce qui n’était pas trop bête pour des gens accusés de faiblesse d’esprit.

L’un des frères Frrrt venait un jour de faire aiguiser des socs de charrue chez le maréchal d’une bourgade voisine ; en passant sur la planche et les « sauts » de pierre remplacés depuis par le pont de la Roche-des-Gasts, il vit dans l’Ouin une quantité de poissons : des goujons, des ablettes et surtout des carpes, des carpes monstrueuses ! Oh ! ces carpes ! comment pourrait-il bien s’en emparer ? Tout à coup il eut l’idée de leur lancer, en guise de flèches, les socs qu’il tenait à la main.

Quand l’eau se rasséréna, aucun poisson ne paraissait plus : c’est qu’ils avaient été, pensa-t-il, transpercés et cloués au fond de la rivière. Il courut à la ferme et demanda l’avis de son frère. Tous les deux, après mûres réflexions, décidèrent de faire explorer le lit de la rivière par la « grand’mère gorette » qui savait si bien « fouger » (fouiller) dans la mare. Les trois compagnons descendirent donc la colline, la truie au milieu, les deux frères, l’un par devant, l’autre par derrière, traînant la pauvre bête par les oreilles et par la queue, non sans lui arracher des gémissements sonores.

Enfin, les frères Frrrt réussirent à la culbuter dans le torrent ; mais au lieu de faire un plongeon, elle nagea diligemment vers la rive opposée. Au moment où elle atterrissait, ils la saisirent de nouveau et, animés d’une même pensée, lui attachèrent une grosse pierre autour du cou ; cette fois, la truie plongea et... l’on devine ce qui arriva.

Depuis cette aventure, les anciens fermiers de la Roche-des-Gasts n’avaient plus de « gorette » ; mais, d’après la tradition, ils possédaient encore des « gorets » et des « gorons », quatre bœufs étiques, une vache maigre, une jument stérile d’âge inconnu ; deux brebis, une blanche et une noire, et enfin quelques oies.

Les deux agnelles avaient brouté pendant toute une journée pluvieuse d’automne l’herbe rase de la lande ; elles étaient si mouillées que l’aîné des frères en eut pitié. Il se dit : « Mon four est chaud ; si j’y mettais mes oueilles pour les faire sécher ? » Sitôt pensé, sitôt exécuté. « Entends-tu, frère Frrrt, s’écria-t-il, la bianche o rit à la noère ! » Hélas ! quand ils ouvrirent la porte du four, les chants avaient cessé et la brebis blanche était devenu aussi noire que sa compagne.

Tout allait mal à la ferme. Les bêtes périssaient, les gens pâtissaient ; évidemment le diable y devait être pour quelque chose. Les pauvres gens avaient beau se signer, user des moyens connus pour se préserver des maléfices, répéter la formule magique : « Frère Frrrt, aubons ! », le mauvais génie leur jouait sans cesse de vilains tours. Leur « maître », c’est-à-dire le propriétaire de la Roche-des-Gasts, était un gentilhomme versé dans toutes sortes de doctes études. Les frères Frrrt résolurent d’aller lui conter leurs déboires et leurs misères. Le maître ne put s’empêcher de rire des mésaventures de ses tenanciers. Il leur donna d’excellents conseils, entre autres celui de s’instruire, et d’imiter leur voisin, riche fermier, habile en l’art de cultiver la terre.

En s’en retournant, les frères Frrrt rencontrèrent deux paysans qui portaient sur une civière de magnifiques citrouilles. Ils prirent ces gros fruits pour des œufs gigantesques, et s’informèrent de leur provenance. On leur dit que c’étaient des œufs de jument d’une incomparable race. Afin d’avoir une espèce aussi parfaite, les frères Frrrt proposèrent un marché qui fut vite accepté. Ils obtinrent, en échange d’un porc demi-gras, un œuf de grosseur raisonnable qu’ils attachèrent, dès le lendemain, à la queue de leur vieille cavale pour le lui faire couver.

La jument n’était pas d’humeur accommodante ; cet appendice gênant ne lui plaisait guère. D’une ruade énergique elle réussit à s’en débarrasser. La citrouille, suivant la pente naturelle de la colline, roula vers la rivière. En dévalant, elle traversa la haie du pré et délogea un lièvre qui s’enfuit à toutes jambes. A toutes jambes aussi, les frères Frrrt accouraient pour se saisir de l’œuf précieux. Quand ils aperçurent le quadrupède qui s’enfuyait, ils crurent naïvement que c’était le poulain qui venait de naître. « Guettez, guettez là-bas ! s’écrièrent-ils, fermez la claie du pré ; le poulain qui se sauve ! »

Suivant les recommandations du « maître », les deux frères cherchèrent à se rendre compte des travaux exécutés par leur voisin ; mais ils le faisaient en cachette et chaque soir, ils allaient écouter à la porte de la ferme des Gasts les ordres que le fermier donnait à ses domestiques. Le lendemain, les frères Frrrt entreprenaient un semblable travail. Un jour, le voisin commanda de labourer l’aire aussitôt qu’on aurait battu la moisson. Les frères Frrrt voulurent en faire autant.

Et bien leur en prit, car le soc de la charrue ramena à la surface une vieille ferraille, une marmite à bords ébréchés, pleine d’écus d’or, qui, en roulant sur les pierres voisines, tintèrent délicieusement aux oreilles des deux frères. Le rusé voisin, qui s’était aperçu de leur manège, résolut de profiter de la naïveté des frères Frrrt. II leur conseilla de « faire sécher au soleil les pièces mouillées et de porter les autres au propriétaire de la Roche-des-Gasts ». Nos crédules personnages suivirent à la lettre ce conseil.

Pendant leur absence, le voisin préleva sur leur aubaine une large dîme. Lorsqu’ils arrivèrent chez leur maître, celui-ci était absent. Que faire ? Seule, une petite porte paraissait entrebâillée ; les frères Frrrt la poussèrent et pénétrèrent dans un étroit réduit au fond duquel béait un large trou rond : « Le coffre du maître, sans doute, dit l’un d’eux. Non, dit l’autre, c’est la pile au meil (mil ou millet) ! ». Ils y déposèrent provisoirement les écus apportés. Bientôt le propriétaire rentra au logis et les frères Frrrt coururent à la cachette pour reprendre leur précieux trésor, lequel, hélas ! avait disparu dans un cloaque innommable...

Voyant un jour leurs oies voler, ils voulurent faire comme elles. Après avoir sacrifié quelques volailles, ils se déshabillèrent, s’enduisirent le corps de miel, se roulèrent dans le duvet de leurs oies, s’attachèrent aux épaules une paire d’ailes choisies parmi les plus fortes et les plus belles, puis, montés sur le toit de leur maison, s’élancèrent dans l’espace. Leur essor ne fut pas de longue durée. On trouva le lendemain, au fond de la vallée, sur des « chirons » ensanglantés, des plumes éparses et les corps meurtris et méconnaissables de ceux qui furent les frères Frrrt de la Roche-des-Gasts.
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poesies choisies pour vous

Message par provence26 le Mer 25 Sep - 20:59



               Les Colombes

Ni tout noirs, ni tout verts, couleur
D’espérances jamais en fleur,
Les ifs balancent des colombes,
Et cela réjouit les tombes.
Elles éclatent, dans les ifs,
Ainsi que des fruits excessifs,
Effeuillant leurs plumes perdues
Au vent des vieilles avenues.
Dans l’azur qui va s’éclairant,
En haut de l’arbre le plus grand,
Qui monte, tel qu’une fusée,
Une entre autres est balancée.
Sous ses beaux yeux délicieux
Elle semble, d’un coin des cieux,
Couver l’aurore qui s’est faite
Au fond du cimetière en fête.
Et chaque arbre, panache noir
Du plus minable désespoir,
Sous les blanches plumes en foule
Est un colombier qui roucoule.
Ces oiseaux, dont les voix sont soeurs,
Ces adorables obsesseurs,
Ce sont évidemment les âmes
Des demoiselles et des dames
Dont la tombe douce reluit
Et dont la lune, chaque nuit,
Epelle, à ses lueurs glacées,
Les épitaphes insensées !



Les colombes.

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,
Un beau palmier, comme un panache vert,
Dresse sa tête, où le soir les colombes
Viennent nicher et se mettre à couvert.
Mais le matin elles quittent les branches ;
Comme un collier qui s’égrène, on les voit
S’éparpiller dans l’air bleu, toutes blanches,
Et se poser plus loin sur quelque toit.
Mon âme est l’arbre où tous les soirs, comme elles,
De blancs essaims de folles visions
Tombent des cieux en palpitant des ailes,
Pour s’envoler dès les premiers rayons.
Théophile Gautier.




Les Chevaux

J'avais un cheval fou, j'avais un cheval sage.
De l'un j'aimais la fougue et la vitalité,
De l'autre, la douceur et la sérénité,
Comme d'autres moi-même une fidèle image.

Le cheval fou courait tout le long de la plage,
La vigne et l'olivier fuyant à ses côtés;
L'écume à son poitrail moussait, il rejetait
Ses longs crins dans le vent, comme un rire de page.

Moi je tremblais pour lui, toujours il revenait.
Le cheval sage allait le long des chemins rouges,
Un doux rêve vivait dans son oeil étonné...

Un jour, il a suivi ce songe reconnu
De son long pas si sûr, vers les lointains qui bougent.
Je l'attendis longtemps, il n'est pas revenu.

Geneviève De Ternant

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poéme sur dame nature

Message par provence26 le Mer 25 Sep - 21:00



Bannières de Mai ** poème sur dame nature **





Aux branches claires des tilleuls
Meurt un maladif hallali.
Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.
Que notre sang rie en nos veines,
Voici s'enchevêtrer les vignes.
Le ciel est joli comme un ange.
L'azur et l'onde communient.
Je sors. Si un rayon me blesse
Je succomberai sur la mousse.

Qu'on patiente et qu'on s'ennuie
C'est trop simple. Fi de mes peines.
je veux que l'été dramatique
Me lie à son char de fortunes
Que par toi beaucoup, ô Nature,
Ah moins seul et moins nul ! je meure.
Au lieu que les Bergers, c'est drôle,
Meurent à peu près par le monde.

Je veux bien que les saisons m'usent.
A toi, Nature, je me rends ;
Et ma faim et toute ma soif.
Et, s'il te plaît, nourris, abreuve.
Rien de rien ne m'illusionne ;
C'est rire aux parents, qu'au soleil,
Mais moi je ne veux rire à rien
Et libre soit cette infortune.

Arthur Rimbaud.
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par nicou le Jeu 26 Sep - 10:17

Merci Provence pour ces belles poésies...
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légende des (Vosges )

Message par provence26 le Dim 17 Nov - 19:27


Maudit Pont des Fées
enjambant la Vologne (Vosges)


Une légende vosgienne affirme qu’un chasseur de Gérardmer bien fait de sa personne et promis, lui avait-t-on assuré, à un radieux destin s’il ne se laissait pas séduire par quelque femme que ce fût, se laissa un jour bercer, sur les bords de la Vologne, par le baiser d’une ondine aux yeux vert d’eau, aux lèvres de corail et à la voix enchanteresse...
Il y avait une fois, dans le pittoresque pays des Vosges, à Gérardmer, un chasseur si beau, si séduisant et si admirablement bien fait, qu’il n’était ni femme, ni fille, qui ne fût charmée par lui. Il poursuivait les animaux les plus sauvages, méprisant les dangers, heureux si quelque cerf ou quelque sanglier tombait sous ses coups. Dès le matin, alors que la fraîche aurore apparaissait, traversant ronces et broussailles, humides de rosée, il partait, toujours au guet, ne manquant jamais sa bête.

Et ainsi tout le jour. Il rentrait dans sa chaumière (car il habitait une chaumière et non un palais, étant aussi pauvre que beau), le soir, quand, depuis plusieurs heures déjà, la nuit était tombée, et à vingt-cinq lieues à la ronde on parlait de son courage, de ses prouesses. On achetait son gibier, qui lui rapportait gros, mais il avait huit petits frères et huit petites sœurs, pour qui il dépensait ce qu’il gagnait, voulant qu’ils ne manquassent de rien. Il se privait parfois même de nourriture, content si ceux qu’il aimait, avaient ce qu’il leur fallait. Il avait promis à ses parents, au moment où ils étaient morts, de prendre soin des seize marmots.


Tuant beaucoup de gros gibier, il s’habillait de peaux, et ce costume seyait à ravir à sa mâle beauté. Aussi, bien des filles eussent-elles été heureuses de l’avoir pour époux, car, comme nous l’avons dit plus haut, elles en étaient toutes folles. Mais, lui, ne les regardait même pas, n’en ayant ni le temps, ni l’envie, les trouvant toutes extrêmement laides.

D’ailleurs il y avait aussi une autre raison... Une vieille femme, que dans le pays on disait être une fée, qui s’était trouvée à sa naissance et qui était sa marraine, avait assuré qu’il serait beau et courageux et qu’il arriverait aux plus hautes distinctions, si, toutefois, il ne se laissait séduire par quelque femme que ce fût. Il connaissait la chose et se tenait sur ses gardes.

Un jour, que depuis l’aube il poursuivait une biche, qu’il n’avait pu atteindre avant midi, il se sentit si pris de fatigue, qu’il s’endormit sur les fougères, à l’ombre des grands arbres, au bord d’un torrent dont l’eau blanche et mousseuse tombait de cascade en cascade. Là, dans la forêt touffue, l’air était plein d’agrément. Un vieux pont, tout en roches construit, il y a des siècles et des siècles, par les mains agiles des fées, dit-on, en cet endroit joignait les versants des montagnes voisines. Les yeux fermés, le chasseur paraissait hanté de songes délicieux, et sa beauté avait un éclat resplendissant.

Il dormait, bercé par le chant des oiseaux et le clapotement de l’onde, quand il sentit, soudain, un baiser qu’on lui déposait sur la joue. Devant lui se présente le plus merveilleux spectacle qu’il ait jamais vu : une femme, plus belle que le jour, est là qui le regarde. Ses yeux sont vert de mer, ses joues sont incarnates et ses lèvres de corail. Ses cheveux blonds d’or tombent jusqu’à ses pieds, cachant à demi un corps admirable, où scintillent quelques gouttelettes d’eau irisée, semblables à des perles. Elle sourit au chasseur de l’air le plus aimable.

Ebloui par tant de charmes, il croit rêver encore. Les paroles s’arrêtent dans sa gorge, tellement il est occupé à la considérer !...

Mais elle s’approche, entoure de ses bras, blancs comme l’albâtre, le cou du jeune homme, et, d’une voix qui semble être une musique céleste, lui dit : — O mon beau chasseur, pourquoi ne réponds-tu pas à mon baiser ?... Te fais-je peur ?... je suis celle qui te protège, et qui, par son génie, de loin veille sur toi, la nuit quand tu reposes, le jour, quand tu cours le bois, dont l’esprit te suit partout, et qui, sans cesse, écarte de toi tous maux !... Viens... Viens auprès de moi, ô mon beau chasseur !

Emu par ce discours, il se sent si vivement plein de feu, qu’il se met à genoux devant elle, et s’écrie :

— Oh non, toi qui es si belle et si aimable, je n’ai pas peur de toi, de toi qui sans cesse me protège, dis-tu, oh non, je n’ai pas peur de toi !...

Et il l’assure qu’il l’aime plus que lui-même, la serre avec ardeur sur sa poitrine et couvre ses mains de baisers. Elle le regarde en souriant, puis reprend :

— O mon beau chasseur, viens !... viens dans mon palais de cristal, où les années passent plus vite que les jours, où l’on vit heureux dans des plaisirs sans nombre et des joies sans fins, où il fait toujours beau, où l’on est toujours tranquille, dans mon palais de cristal, viens, ô mon beau chasseur !...

Elle l’embrasse, le caresse, le serre plus fort dans ses bras. Séduit, il se laisse faire, et peu à peu s’abandonne. Ils roulent, tous deux, enlacés, sur la mousse, puis sur le chemin. Elle l’entraîne jusqu’au bord du torrent... Déjà ils touchent les algues vertes. Elle l’embrasse, l’embrasse encore, puis, soudain, le sentant en sa toute puissance, rit aux éclats, et le précipite, avec elle, dans l’eau profonde !...




Le chasseur avait poussé un grand cri, le torrent avait fait entendre un sourd mugissement, qui avait retenti bien loin dans la montagne. Puis, tout redevint calme : l’eau blanche continua à tomber de cascade en cascade, les oiseaux à chanter et les vieux sapins à être doucement balancés par le vent...



Jamais le chasseur ne revint dans sa chaumière, où ses huit petits frères et ses huit petites sœurs sont morts de faim. Mais on parle toujours de lui dans le pays. Une crainte superstitieuse s’attache à l’endroit où il a disparu. Depuis on n’y passe plus qu’en tremblant, et durant les longues soirées d’hiver, à la veillée, dans les pauvres cabanes, les vieilles femmes racontent aux petits enfants étonnés, l’histoire du jeune chasseur, devant les cheminées allumées.

Eux, sont pris de peur, à ce récit, car on leur assure que parfois, à minuit, les antiques échos des vertes forêts des Vosges, répercutent encore les cris effrayants que le chasseur pousse du fond des eaux, ou qu’encore on entend sortir de dessous les ondes des chants d’amour d’une mélodie divine, où s’emmêlent dans une harmonie suave, la voix forte et mâle de celui qui n’est plus et la voix enchanteresse et tendre de l’ondine aux yeux vert d’eau et aux lèvres de corail...

Moralité :

Tout conte doit avoir en soi moralité,
Afin que notre esprit en ait leçon plus ample,
Ainsi que dans Peau d’Aire, ou dans le Chat Botté,
Ce bon Monsieur Perrault nous en donne l’exemple.
Adonc, il vous siéra, de cet écrit, tirer
La leçon, qu’il ne faut, jamais, à sa marraine
Désobéir en rien, pour ne pas attirer
Sur soi de grands malheurs : c’est là chose certaine !
Puis, qu’il est dangereux de se laisser tenter
Par les offres de qui, cherchant à vous séduire,
Du charme de ses yeux a su vous enchanter.
Avant qu’il fût longtemps il pourrait vous en cuire ;
Car si, dans les transports de ces primes instants,
Votre cœur est rempli de doux chants d’allégresse,
Vous compterez, hélas ! de plus nombreux moments
Où la douleur fera crier votre détresse.
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par Corsica le Dim 17 Nov - 19:31

Bravo c'est bien beau
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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

Message par nicou le Lun 18 Nov - 10:46

Superbe ce conte...Merci Provence...

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Re: Fonctionnement de l'espace personnel.

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