Défouloir


A une fleur poésie

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provence82
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la vieillesse

Message par provence82 le Ven 2 Fév - 18:16



La vieillesse n’est pas une maladie. C’est la maladie qui envahit la vieillesse. Nous avons l’expérience de la vie, et l’amour fait place à la tendresse. Nous avons encore besoin de caresse, des doigts qui lissent nos cheveux gris, Une main qui se pose avec délicatesse sur nos vieilles mains engourdies. Ce que l’on veut encore entendre, ce sont les paroles douces et tendres. Le temps des cris est terminé, c’est trop fatiguant pour les aînés. On apprécie les visites imprévues, mais pas trop longtemps chaque fois. Nos forces ne nous permettent plus d’en profiter comme autrefois.! On a un bagage de connaissances qui ne s’acquiert qu’avec le temps. On a fait chacun nos expériences et on apprécie le moment présent. On est plus sensible en vieillissant, un rien nous touche évidemment. Un sourire, une fleur, une caresse,


La vieillesse
Poète : René-François Sully Prudhomme (1839-1907)
Recueil : Les solitudes (1869).

Viennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n'ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec mes vieilles peines.

Quand l'amour, désormais affranchi du baiser,
Ne me brûlera plus de sa fièvre mauvaise
Et n'aura plus en moi d'avenir à briser,
Que je m'en donnerai de tendresse à mon aise !

Bienheureux les enfants venus sur mon chemin !
Je saurai transporter dans les buissons l'école ;
Heureux les jeunes gens dont je prendrai la main !
S'ils aiment, je saurai comment on les console.

Et je ne dirai pas : « C'était mieux de mon temps. »
Car le mieux d'autrefois c'était notre jeunesse ;
Mais je m'approcherai des âmes de vingt ans
Pour qu'un peu de chaleur en mon âme renaisse ;

Pour vieillir sans déchoir, ne jamais oublier
Ce que j'aurai senti dans l'âge où le cœur vibre,
Le beau, l'honneur, le droit qui ne sait pas plier,
Et jusques au tombeau penser en homme libre.

Et vous, oh ! Quel poignard de ma poitrine ôté,
Femmes, quand du désir il n'y sera plus traces,
Et qu'alors je pourrai ne voir dans la beauté
Que le dépôt en vous du moule pur des races !

Puissé-je ainsi m'asseoir au faîte de mes jours
Et contempler la vie, exempt enfin d'épreuves,
Comme du haut des monts on voit les grands détours
Et les plis tourmentés des routes et des fleuves !

René-François Sully Prudhomme.
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provence82
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légendes Provençales

Message par provence82 le Ven 23 Fév - 16:26






La légende des cigales


Cette légende se déroule au temps où les anges venaient passer leurs vacances en Provence.

Ils arrivérent par un matin de très grand soleil et furent étonnés de ne pas rencontrer âme qui vive entres les calanques et les terres cultivées. Ils s'exaspérent d'apercevoir de nombreux champs en friche. Eux qui rêvaient de voir des potagers et des vergers prospères.

Trés déçus, ils allèrent voir le curé du village, pensant le voir dans sa prière. Il était allongé sous le boutis faisant une sieste majestueuse. Le curé expliqua et précisa que les gens du coin se tenaient sagement à l'ombre des oliviers, afin de se préserver du soleil torride.

L'un des anges dit:" Mais quand travaillent-ils alors ?"
-A la fraîche! répondit l'ecclésiastique.
Un peu à la rosée aussi. Ceci explique le piteux état de leurs terrains.

Les anges aux ailes dorées s'en retournèrent conter leur aventure à Dieu qui décida aussitôt de créer une nouvelle espèce d'insecte.

Lorsque que la saison se faisait plus torride, les insectes se mettraient dans les pins et exécuteraient des notes stridentes d'une musique exacerbée, afin d'empêcher les habitants du pays de dormir exagérément.

C'est ainsi que naquirent les cigales, en parfaite symbiose désormais avec "l'art de vivre" en Provence.





J'ai habité 15 ans a Nyons le vent le "pontias" ssoufle du soir 22h jusu'au mati 10h été comme hiver froid et ça que sur la ville pas aux alentours

Bien qu'il soit le maître des vents, le mistral n'est pas seul à balayer de son souffle les terres de Provence. Ainsi, on raconte que la ville de Nyons souffrait autrefois d'une sécheresse si terrible que ses habitants se rendirent à Arles, afin de prier un certain Césaire de leur venir en aide et de leur apporter un peu de fraîcheur.

Pris de compassion devant la mine désolée des habitants de Nyons, dont les champs ressemblaient à un désert aride, dont les ânes, les chiens et les nouveau-nés mouraient comme des mouches, dont les ruisseaux et la rivière avaient cessé de chanter, dont les puits n'étaient plus que des gouffres sans fond, Césaire, que l'on qualifiait de saint homme depuis qu'il avait accompli quelques prodiges de bonté, décida de prendre les choses en main.

Il s'en fut d'abord constater sur place les dégâts et, pris lui-même de malaise dans la fournaise infernale qu'était devenue la vallée, il s'en fut par les routes et les sentiers à la recherche d'un souffle frais.
Il marcha longtemps, les vêtements trempés de sueur, les pieds gonflés de fatigue et couverts de la poussière des chemins. Ses pas le conduisirent enfin en un lieu tout planté de résineux.

Etait-ce la présence des arbres ? il s'y sentit bien comme par un matin d'avril. En s'asseyant sur une racine affleurant le sol, Césaire comprit que l'ombre n'était pas seule responsable du bien-être qui l'envahissait. Un vent léger serpentait entre les troncs, faisant vibrer les branches comme les cordes d'un instrument de musique... Alors, le voyageur réalisa qu'il était parvenu au bout de son errance. Écoutant la mélodie subtile qui tanguait et enflait autour de lui, il murmura :
- Comme la chanson de cette brise est douce ! On dirait celle d'une cithare...

Ses paroles s'envolèrent sur un tourbillon d'aiguilles de pins dans un fin rayon de soleil. Et il lui sembla lire en elles le nom de cet endroit magique :

Citharista. Puis les lettres du mot dansèrent, montant au ciel à travers les brindilles et redescendant en piqué comme une escadrille d'abeilles. Elles valsèrent un moment, avant d'atterrir doucement sur un monticule de sable, où elles s'éparpillèrent, se mélangèrent et s'assemblèrent en un nouveau nom déformé : Ceyreste. Césaire eut à peine le temps de le prononcer, qu'elles s'effacèrent soudain, dans le souffle venu de la mer toute proche.

Afin de ne pas les laisser disparaître à tout jamais, le voyageur retira l'un de ses gants et tenta de les y récupérer. Le vent s'engouffra dans l'étui de peau et Césaire, aussitôt, le referma et le lia avec un lacet de cuir.

Bien qu'il eut beaucoup de peine à repartir de cet endroit idyllique, il se remit en marche en direction de Nyons. La route était longue et il craignait que la sécheresse persistante n'y eût décimé tous les habitants. Aussi, afin d'y retourner plus vite, tenta-t-il d'arrêter sur la route un charretier qui passait par là, transportant des bottes de foin :

- Brave homme, emmène-moi dans ta carriole avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Qu'y a-t-il dans ce gant ? demanda le charretier.
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi... Puisque c'est comme ça, je ne te prendrai ni sur le banc à côté de moi ni sur mes bottes de foin.
Et le bonhomme s'éloigna.

Un peu plus loin, Césaire croisa un cavalier et le pria de l'emmener :
- Brave homme, emportez-moi en croupe sur votre cheval avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Et qu'y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi... Ce gant doit contenir des pièces d'or et bien d'autres choses précieuses. Donne-le moi, si tu veux que je t'emmène.
Et, devant le refus de Césaire, le cavalier partit au grand galop. Avant de reprendre sa route, le voyageur ôta le second de ses gants, le remplit de pierres et le mit dans sa poche. Un peu plus loin, il croisa un garçon, monté sur une mule. Et il lui demanda :

- Brave homme, peux-tu m'emmener sur ta mule avant que ne meurent les gens à qui je dois rapporter ce gant ?
- Et qu'y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.

Le garçon éclata de rire en brandissant un couteau :
- Du vent ? Je ne te crois pas. Ce gant est tout gonflé de ducats. Donne-le moi !
Aussitôt, Césaire sortit de sa poche le second de ses gants et le tendit au brigand en disant :

- Regarde : mon premier gant est peut-être gonflé mais il est tout léger, léger... Prends plutôt celui-là, il est vraiment lourd de ducats, de bijoux et de pierres précieuses...

Méfiant, le garçon descendit de sa monture afin de s'emparer du gant de cailloux et de le soupeser. Césaire en profita pour sauter sur la mule et pour s'en aller, portant son gant empli de graine de vent.
Quand il arriva enfin à Nyons, le ville se trouvait dans un état de désolation indescriptible. Les rares habitants qui avaient survécu à la canicule vinrent à sa rencontre et lui demandèrent :

- Alors ? Tu nous a ramené du vent ?
- Le voici, répondit le voyageur en montrant son gant.
La bouche desséchée, les veux exorbités, les gens eurent encore la force de se mettre en colère :
- Tu te moques de nous ? À supposer que tu aies réussi à y emprisonner le moindre souffle d'air, ce gant contient à peine de quoi donner une bouffée à un petit enfant. Tu nous a trahis, va-t-en !
- Très bien, répondit Césaire en jetant son gant contre un rocher brûlant sous le soleil torride.

Il n'eut pas plutôt accompli son geste que la pierre se fendit en un craquement gigantesque. Des profondeurs du sol monta alors un souffre frais, fleurant bon la terre mouillée par des eaux obscures. Ce vent tout neuf s'élança en volutes dans la vallée, effleura la rivière sans la traverser, lui redonnant sa mélodie, longea les murs de la ville en rafraîchissant leurs pierres, s'engouffra dans ses ruelles, redonnant vie aux chiens et aux nouveau-nés ainsi qu'aux ânes dans les prés, faisant à nouveau chanter les ruisseaux et clapoter le fond des puits...
Avant de s'en aller, Césaire baptisa ce vent le Pontias. Et c'est toujours ce vent qui ne cesse de souffler dans cette vallée, sans se réchauffer, ni en hiver, ni en été, ni tiède, ni froid, mais toujours là, comme si la mer se trouvait juste à
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poésies choisies pour vous

Message par provence82 le Mar 6 Mar - 18:24






Au bois
Poète : Victor Hugo (1802-1885)
Recueil : Toute la lyre (1888 et 1893


Nous étions, elle et moi, dans cet avril charmant
De l'amour qui commence en éblouissement.
Ô souvenirs ! ô temps ! heures évanouies !
Nous allions, le coeur plein d'extases inouïes,
Ensemble dans les bois, et la main dans la main.
Pour prendre le sentier nous quittions le chemin,
Nous quittions le sentier pour marcher dans les herbes.
Le ciel resplendissait dans ses regards superbes ;
Elle disait : Je t'aime ! et je me sentais dieu.

Parfois, près d'une source, on s'asseyait un peu.
Que de fois j'ai montré sa gorge aux branches d'arbre !
Rougissante et pareille aux naïades de marbre,
Tu baignais tes pieds nus et blancs comme le lait.
Puis nous nous en allions rêveurs. Il me semblait,
En regardant autour de nous les pâquerettes,
Les boutons-d'or joyeux, les pervenches secrètes
Et les frais liserons d'une eau pure arrosés,
Que ces petites fleurs étaient tous les baisers
Tombés dans le trajet de ma bouche à ta bouche
Pendant que nous marchions ; et la grotte farouche
Et la ronce sauvage et le roc chauve et noir,
Envieux, murmuraient : Que va dire ce soir
Diane aux chastes yeux, la déesse étoilée,
En voyant toute l'herbe au fond du bois foulée ?

===




: À la nuit
: Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
Recueil : Romances (1830).

Douce Nuit, ton charme paisible
Du malheureux suspend les pleurs ;
Nul mortel n'est insensible
À tes bienfaisantes erreurs.
Souvent dans un cœur rebelle
Tu fais naître les désirs ;
Et l'amour tendre et fidèle
Te doit ses plus doux plaisirs.

Tu sais par un riant mensonge,
Calmer un amant agité,
Et le consoler, en songe,
D'une triste réalité.
Ô Nuit ! pour la douleur sombre,
Et pour le plaisir d'amour
On doit préférer ton ombre
À l'éclat du plus beau jour.

Comme dans le sein d'une amie
On aime à verser sa douleur,
C'est à toi que je confie
Les premiers soupirs de mon cœur.
Cache-moi, s'il est possible,
L'objet de mon tendre effroi.
Comme moi s'il est sensible,
Qu'il soit discret comme toi !

Marceline Desbordes-Valmore.
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poésies choisies pour vous

Message par provence82 le Mar 24 Avr - 18:30





Poétesse française née le 20 juin 1786 à Douai dans le Nord, Marceline Desbordes-Valmore est décédée à Paris le 23 juillet 1859





: Cigale
Poète : Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

« De l'ardente cigale
J'eus le destin,
Sa récolte frugale
Fut mon festin.
Mouillant mon seigle à peine
D'un peu de lait,
J'ai glané graine à graine
Mon chapelet.

« J'ai chanté comme j'aime
Rire et douleurs ;
L'oiseau des bois lui-même
Chante des pleurs ;
Et la sonore flamme,
Symbole errant,
Prouve bien que toute âme
Brûle en pleurant.

« Puisque Amour vit de charmes
Et de souci,
J'ai donc vécu de larmes,
De joie aussi,
À présent, que m'importe !
Faite à souffrir,
Devant, pour être morte,
Si peu mourir. »

La chanteuse penchée
Cherchait encor
De la moisson fauchée
Quelque épi d'or,
Quand l'autre moissonneuse,
Forte en tous lieux,
Emporta la glaneuse
Chanter aux cieux.

Marceline Desbordes-Valmore.



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