Défouloir


A une fleur poésie

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provence82
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la vieillesse

Message par provence82 le Ven 2 Fév - 18:16



La vieillesse n’est pas une maladie. C’est la maladie qui envahit la vieillesse. Nous avons l’expérience de la vie, et l’amour fait place à la tendresse. Nous avons encore besoin de caresse, des doigts qui lissent nos cheveux gris, Une main qui se pose avec délicatesse sur nos vieilles mains engourdies. Ce que l’on veut encore entendre, ce sont les paroles douces et tendres. Le temps des cris est terminé, c’est trop fatiguant pour les aînés. On apprécie les visites imprévues, mais pas trop longtemps chaque fois. Nos forces ne nous permettent plus d’en profiter comme autrefois.! On a un bagage de connaissances qui ne s’acquiert qu’avec le temps. On a fait chacun nos expériences et on apprécie le moment présent. On est plus sensible en vieillissant, un rien nous touche évidemment. Un sourire, une fleur, une caresse,


La vieillesse
Poète : René-François Sully Prudhomme (1839-1907)
Recueil : Les solitudes (1869).

Viennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n'ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec mes vieilles peines.

Quand l'amour, désormais affranchi du baiser,
Ne me brûlera plus de sa fièvre mauvaise
Et n'aura plus en moi d'avenir à briser,
Que je m'en donnerai de tendresse à mon aise !

Bienheureux les enfants venus sur mon chemin !
Je saurai transporter dans les buissons l'école ;
Heureux les jeunes gens dont je prendrai la main !
S'ils aiment, je saurai comment on les console.

Et je ne dirai pas : « C'était mieux de mon temps. »
Car le mieux d'autrefois c'était notre jeunesse ;
Mais je m'approcherai des âmes de vingt ans
Pour qu'un peu de chaleur en mon âme renaisse ;

Pour vieillir sans déchoir, ne jamais oublier
Ce que j'aurai senti dans l'âge où le cœur vibre,
Le beau, l'honneur, le droit qui ne sait pas plier,
Et jusques au tombeau penser en homme libre.

Et vous, oh ! Quel poignard de ma poitrine ôté,
Femmes, quand du désir il n'y sera plus traces,
Et qu'alors je pourrai ne voir dans la beauté
Que le dépôt en vous du moule pur des races !

Puissé-je ainsi m'asseoir au faîte de mes jours
Et contempler la vie, exempt enfin d'épreuves,
Comme du haut des monts on voit les grands détours
Et les plis tourmentés des routes et des fleuves !

René-François Sully Prudhomme.
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légendes Provençales

Message par provence82 le Ven 23 Fév - 16:26






La légende des cigales


Cette légende se déroule au temps où les anges venaient passer leurs vacances en Provence.

Ils arrivérent par un matin de très grand soleil et furent étonnés de ne pas rencontrer âme qui vive entres les calanques et les terres cultivées. Ils s'exaspérent d'apercevoir de nombreux champs en friche. Eux qui rêvaient de voir des potagers et des vergers prospères.

Trés déçus, ils allèrent voir le curé du village, pensant le voir dans sa prière. Il était allongé sous le boutis faisant une sieste majestueuse. Le curé expliqua et précisa que les gens du coin se tenaient sagement à l'ombre des oliviers, afin de se préserver du soleil torride.

L'un des anges dit:" Mais quand travaillent-ils alors ?"
-A la fraîche! répondit l'ecclésiastique.
Un peu à la rosée aussi. Ceci explique le piteux état de leurs terrains.

Les anges aux ailes dorées s'en retournèrent conter leur aventure à Dieu qui décida aussitôt de créer une nouvelle espèce d'insecte.

Lorsque que la saison se faisait plus torride, les insectes se mettraient dans les pins et exécuteraient des notes stridentes d'une musique exacerbée, afin d'empêcher les habitants du pays de dormir exagérément.

C'est ainsi que naquirent les cigales, en parfaite symbiose désormais avec "l'art de vivre" en Provence.





J'ai habité 15 ans a Nyons le vent le "pontias" ssoufle du soir 22h jusu'au mati 10h été comme hiver froid et ça que sur la ville pas aux alentours

Bien qu'il soit le maître des vents, le mistral n'est pas seul à balayer de son souffle les terres de Provence. Ainsi, on raconte que la ville de Nyons souffrait autrefois d'une sécheresse si terrible que ses habitants se rendirent à Arles, afin de prier un certain Césaire de leur venir en aide et de leur apporter un peu de fraîcheur.

Pris de compassion devant la mine désolée des habitants de Nyons, dont les champs ressemblaient à un désert aride, dont les ânes, les chiens et les nouveau-nés mouraient comme des mouches, dont les ruisseaux et la rivière avaient cessé de chanter, dont les puits n'étaient plus que des gouffres sans fond, Césaire, que l'on qualifiait de saint homme depuis qu'il avait accompli quelques prodiges de bonté, décida de prendre les choses en main.

Il s'en fut d'abord constater sur place les dégâts et, pris lui-même de malaise dans la fournaise infernale qu'était devenue la vallée, il s'en fut par les routes et les sentiers à la recherche d'un souffle frais.
Il marcha longtemps, les vêtements trempés de sueur, les pieds gonflés de fatigue et couverts de la poussière des chemins. Ses pas le conduisirent enfin en un lieu tout planté de résineux.

Etait-ce la présence des arbres ? il s'y sentit bien comme par un matin d'avril. En s'asseyant sur une racine affleurant le sol, Césaire comprit que l'ombre n'était pas seule responsable du bien-être qui l'envahissait. Un vent léger serpentait entre les troncs, faisant vibrer les branches comme les cordes d'un instrument de musique... Alors, le voyageur réalisa qu'il était parvenu au bout de son errance. Écoutant la mélodie subtile qui tanguait et enflait autour de lui, il murmura :
- Comme la chanson de cette brise est douce ! On dirait celle d'une cithare...

Ses paroles s'envolèrent sur un tourbillon d'aiguilles de pins dans un fin rayon de soleil. Et il lui sembla lire en elles le nom de cet endroit magique :

Citharista. Puis les lettres du mot dansèrent, montant au ciel à travers les brindilles et redescendant en piqué comme une escadrille d'abeilles. Elles valsèrent un moment, avant d'atterrir doucement sur un monticule de sable, où elles s'éparpillèrent, se mélangèrent et s'assemblèrent en un nouveau nom déformé : Ceyreste. Césaire eut à peine le temps de le prononcer, qu'elles s'effacèrent soudain, dans le souffle venu de la mer toute proche.

Afin de ne pas les laisser disparaître à tout jamais, le voyageur retira l'un de ses gants et tenta de les y récupérer. Le vent s'engouffra dans l'étui de peau et Césaire, aussitôt, le referma et le lia avec un lacet de cuir.

Bien qu'il eut beaucoup de peine à repartir de cet endroit idyllique, il se remit en marche en direction de Nyons. La route était longue et il craignait que la sécheresse persistante n'y eût décimé tous les habitants. Aussi, afin d'y retourner plus vite, tenta-t-il d'arrêter sur la route un charretier qui passait par là, transportant des bottes de foin :

- Brave homme, emmène-moi dans ta carriole avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Qu'y a-t-il dans ce gant ? demanda le charretier.
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi... Puisque c'est comme ça, je ne te prendrai ni sur le banc à côté de moi ni sur mes bottes de foin.
Et le bonhomme s'éloigna.

Un peu plus loin, Césaire croisa un cavalier et le pria de l'emmener :
- Brave homme, emportez-moi en croupe sur votre cheval avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Et qu'y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi... Ce gant doit contenir des pièces d'or et bien d'autres choses précieuses. Donne-le moi, si tu veux que je t'emmène.
Et, devant le refus de Césaire, le cavalier partit au grand galop. Avant de reprendre sa route, le voyageur ôta le second de ses gants, le remplit de pierres et le mit dans sa poche. Un peu plus loin, il croisa un garçon, monté sur une mule. Et il lui demanda :

- Brave homme, peux-tu m'emmener sur ta mule avant que ne meurent les gens à qui je dois rapporter ce gant ?
- Et qu'y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.

Le garçon éclata de rire en brandissant un couteau :
- Du vent ? Je ne te crois pas. Ce gant est tout gonflé de ducats. Donne-le moi !
Aussitôt, Césaire sortit de sa poche le second de ses gants et le tendit au brigand en disant :

- Regarde : mon premier gant est peut-être gonflé mais il est tout léger, léger... Prends plutôt celui-là, il est vraiment lourd de ducats, de bijoux et de pierres précieuses...

Méfiant, le garçon descendit de sa monture afin de s'emparer du gant de cailloux et de le soupeser. Césaire en profita pour sauter sur la mule et pour s'en aller, portant son gant empli de graine de vent.
Quand il arriva enfin à Nyons, le ville se trouvait dans un état de désolation indescriptible. Les rares habitants qui avaient survécu à la canicule vinrent à sa rencontre et lui demandèrent :

- Alors ? Tu nous a ramené du vent ?
- Le voici, répondit le voyageur en montrant son gant.
La bouche desséchée, les veux exorbités, les gens eurent encore la force de se mettre en colère :
- Tu te moques de nous ? À supposer que tu aies réussi à y emprisonner le moindre souffle d'air, ce gant contient à peine de quoi donner une bouffée à un petit enfant. Tu nous a trahis, va-t-en !
- Très bien, répondit Césaire en jetant son gant contre un rocher brûlant sous le soleil torride.

Il n'eut pas plutôt accompli son geste que la pierre se fendit en un craquement gigantesque. Des profondeurs du sol monta alors un souffre frais, fleurant bon la terre mouillée par des eaux obscures. Ce vent tout neuf s'élança en volutes dans la vallée, effleura la rivière sans la traverser, lui redonnant sa mélodie, longea les murs de la ville en rafraîchissant leurs pierres, s'engouffra dans ses ruelles, redonnant vie aux chiens et aux nouveau-nés ainsi qu'aux ânes dans les prés, faisant à nouveau chanter les ruisseaux et clapoter le fond des puits...
Avant de s'en aller, Césaire baptisa ce vent le Pontias. Et c'est toujours ce vent qui ne cesse de souffler dans cette vallée, sans se réchauffer, ni en hiver, ni en été, ni tiède, ni froid, mais toujours là, comme si la mer se trouvait juste à
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poésies choisies pour vous

Message par provence82 le Mar 6 Mar - 18:24






Au bois
Poète : Victor Hugo (1802-1885)
Recueil : Toute la lyre (1888 et 1893


Nous étions, elle et moi, dans cet avril charmant
De l'amour qui commence en éblouissement.
Ô souvenirs ! ô temps ! heures évanouies !
Nous allions, le coeur plein d'extases inouïes,
Ensemble dans les bois, et la main dans la main.
Pour prendre le sentier nous quittions le chemin,
Nous quittions le sentier pour marcher dans les herbes.
Le ciel resplendissait dans ses regards superbes ;
Elle disait : Je t'aime ! et je me sentais dieu.

Parfois, près d'une source, on s'asseyait un peu.
Que de fois j'ai montré sa gorge aux branches d'arbre !
Rougissante et pareille aux naïades de marbre,
Tu baignais tes pieds nus et blancs comme le lait.
Puis nous nous en allions rêveurs. Il me semblait,
En regardant autour de nous les pâquerettes,
Les boutons-d'or joyeux, les pervenches secrètes
Et les frais liserons d'une eau pure arrosés,
Que ces petites fleurs étaient tous les baisers
Tombés dans le trajet de ma bouche à ta bouche
Pendant que nous marchions ; et la grotte farouche
Et la ronce sauvage et le roc chauve et noir,
Envieux, murmuraient : Que va dire ce soir
Diane aux chastes yeux, la déesse étoilée,
En voyant toute l'herbe au fond du bois foulée ?

===




: À la nuit
: Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
Recueil : Romances (1830).

Douce Nuit, ton charme paisible
Du malheureux suspend les pleurs ;
Nul mortel n'est insensible
À tes bienfaisantes erreurs.
Souvent dans un cœur rebelle
Tu fais naître les désirs ;
Et l'amour tendre et fidèle
Te doit ses plus doux plaisirs.

Tu sais par un riant mensonge,
Calmer un amant agité,
Et le consoler, en songe,
D'une triste réalité.
Ô Nuit ! pour la douleur sombre,
Et pour le plaisir d'amour
On doit préférer ton ombre
À l'éclat du plus beau jour.

Comme dans le sein d'une amie
On aime à verser sa douleur,
C'est à toi que je confie
Les premiers soupirs de mon cœur.
Cache-moi, s'il est possible,
L'objet de mon tendre effroi.
Comme moi s'il est sensible,
Qu'il soit discret comme toi !

Marceline Desbordes-Valmore.
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poésies choisies pour vous

Message par provence82 le Mar 24 Avr - 18:30





Poétesse française née le 20 juin 1786 à Douai dans le Nord, Marceline Desbordes-Valmore est décédée à Paris le 23 juillet 1859





: Cigale
Poète : Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

« De l'ardente cigale
J'eus le destin,
Sa récolte frugale
Fut mon festin.
Mouillant mon seigle à peine
D'un peu de lait,
J'ai glané graine à graine
Mon chapelet.

« J'ai chanté comme j'aime
Rire et douleurs ;
L'oiseau des bois lui-même
Chante des pleurs ;
Et la sonore flamme,
Symbole errant,
Prouve bien que toute âme
Brûle en pleurant.

« Puisque Amour vit de charmes
Et de souci,
J'ai donc vécu de larmes,
De joie aussi,
À présent, que m'importe !
Faite à souffrir,
Devant, pour être morte,
Si peu mourir. »

La chanteuse penchée
Cherchait encor
De la moisson fauchée
Quelque épi d'or,
Quand l'autre moissonneuse,
Forte en tous lieux,
Emporta la glaneuse
Chanter aux cieux.

Marceline Desbordes-Valmore.


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poésies choisies pour vous

Message par provence82 le Dim 12 Aoû - 10:50




L'accent

Naître dans le midi
Et sans l’avoir choisi,
Ce coin de paradis,
Des Français, fait l’envie.

La mer et le soleil
C’est un vrais don du ciel
Et presque un héritage
Qu’on reçoit sans partage.

Oui mais voilà,
Au dessus de tout ça
On a reçu aussi
Cet accent du Midi.

Dés que l’on parle
Et que l’on dit « Maman »
C’est le chant des cigales ;
On le dit en traînent.

Dépassant nos frontières
J’ai connu Orléans ;
Je n’étais pas bergère
Mais j’amenais l’accent.

Etonnée qu’ils étaient
De m’entendre parler,
Je songeais il est vrai
A m’en débarrasser.

Et durant ces années
Ainsi bien entouré
L’accent tout doucement,
S’endormis lentement.

Aussitôt envolé
On allait le chercher
Avec quelques bons mots
Plus ou moins rigolo.

Et puis j’ai retrouvé,
Après bien des années
Cet endroit que jamais
Pour ne plus le quitter.

Mais tout a bien changé,
Je n’ai plus retrouvé,
Même chez les amis,
Cet accent du Midi

Avec les industries
Entourant le village,
C’est l’accent de Paris
Qui prend son avantage .

A présent, c’est fini !
Je m’en irai aussi.
Mais pour quelques années
J’entend bien le .garder !

M-J




J'écris tout fort

j'écris
en silence
je crie
dans l'indifférence
pour ceux qui sont sans voix
pour ceux qui sont sans toit
j'écris
pour les nouveaux-nés
qu'on tue ou qu'on laisse à l'abandon
parce qu'ils sont filles et garçons
pour les enfants
qui ne vont pas à l'école
parce qu'ils travaillent ou qu'on les viole
exploités par des escrocs
ou prostitués par des maquereaux

j'écris
pour ceux qui sont sans emploi
et qui n'en trouveront pas
pour les femmes que l'on bat
et celles qu'on jette sur le trottoir
qui vivent dans le désespoir
j'écris
faute de ne pouvoir crier
ma révolte face à la justice
celle qui s'impose
celle qu'on trafique
celle des juges fantoches
celle des policiers qui tabassent
et qui mettent des gens en prison
sans procès ni raison

j'écris
pour ceux qu'on torture
parce qu'ils revendiquent
parce qu'ils critiquent
j'écris
pour tous ceux qu'on méprise
et qui ne peuvent se défendre
pour ceux qui meurent dans l'oubli
dans les souffrances
celles de la faim ou de la maladie
j'écris
pour les victimes de la guerre
pour les réfugiés qui ont tout perdu
pour dénoncer les gouvernements
qui se ferment les yeux et qui laissent faire
parce que ces iniquités font bien leur affaire

j'écris
parce que j'ai honte
de ce que je suis
parce que j'ai honte
de l'époque où je vis
j'écris
pour ne pas me taire
je crie
pour ne pas être complice
en silence
j'écris tout fort




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poésies choisies pour vous

Message par provence82 le Jeu 16 Aoû - 16:41

D
is-moi un mot, fais-moi un geste.

Dis-moi un mot, fais-moi un geste
Tu vois j'ai fait le premier pas
Bien sûr je n'ai pas dit « je t'aime »
Mais pourtant je chante pour toi
Parce qu' il y a dans ton sourire
Un monde que je ne connais pas
Et comme c'est trop peu de le dire
Je voudrais le vivre avec toi.

J'aimerais t'écrire des poèmes
Sur des mots que j'inventerais
Des mots plus forts que des « je t'aime »
Des mots que toi tu comprendrais
Puis me perdre dans ton regard
Me laisser aller au bonheur
Oublier s'il est tôt ou tard
Perdre toute notion de l'heure.

Dis-moi un mot, fais-moi un geste
C'est peu et beaucoup à la fois
Et si c'est tout ce qu'il nous reste
J'aurai quelques regrets, je crois
Et je garderai dans mes rêves
Le plus beau souvenir de toi
Où tu me dis du bout des lèvres
Tous ces mots que l'on dit tout bas.

Moi j'ai besoin d'aimer pour vivre
J'ai tant besoin de ton amour
Et pas seulement pour survivre
Mais pour exister au grand jour
Moi j'ai besoin de la tendresse
Que tu as jusqu'au bout des doigts
Pour échapper à ma détresse
Et reprendre confiance en moi

Dis-moi un mot, fais-moi un geste
Même si cela ne se fait pas
Dans cette vie qu'est-ce qu'il nous reste
De beau si l'on ne s'aime pas

Dans cette vie qu'est-ce qu'il nous reste
De beau si l'on ne s'aime pas

Pierre Coutreau - juillet 1987

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textes a méditer philosophie

Message par provence82 le Ven 31 Aoû - 10:46







Le laboureur et le trésor


Un laboureur entend un bruit bizarre sous le soc de sa charrue.
Il va voir, et déterre un coffre rempli de pièces d'or.
Une fortune pour lui!
Il l'enterre au fond de son jardin. Qu'en faire?
Il imagine quantité d'achats possible et décide finalement… de ne rien décider.
Ce coffre de pièces d'or, ce trésor sera sa sécurité en cas de coup dur.
Et cette sécurité change son caractère : de tendu, le voilà relaxé, de grincheux il
devient aimable, d'intolérant il devient tolérant…
…Il vit une belle vie, heureuse, sachant que quoiqu'il lui arrive, il pourra faire face.


Sa dernière heure arrive.
Avant d'expirer, il réunit autour de lui ses enfants et leur livre son secret.
Puis il meurt.
Le lendemain, ils creusent à l'endroit indiqué, et trouvent le coffre, mais… il est
VIDE!
Le laboureur s'était fait voler son or des dizaines d'années auparavant!

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, dans notre vie courante, nous sommes en permanence hypnotisés.
Nous sommes hypnotisés par de fausses croyances, et nous nous comportons comme si elles étaient la réalité.
Le laboureur avait-il tort d’être heureux?
Certainement pas. Il aurait eu tort… d’être malheureux, tout comme ceux qui se croient incapables d'inspirer l'amour, de réussir ou de devenir riches.
Le champ de nos possibles est infini.
Et si ce laboureur s'était cru dépossédé parce que son coffre de pièces d'or avait disparu, aurait-il dû en être désespéré ?

Nous sommes tous riches.
Riches de potentialités extraordinaires.
Riches parce que nous sommes uniques.
Riches parce que nous vivons.
Souvent, je suis étonné par le désespoir de personnes qui manquent d'argent.
Elles se croient pauvres.
Je leur demande :
combien seriez-vous prêt à me vendre votre main gauche? Et votre main droite? Et votre jambe gauche? Bien souvent aucune somme ne serait suffisante pour payer tout cela.
Le simple fait de vivre est une richesse.


Le fait de voir des couleurs, la beauté de la nature est une richesse – demandez à un aveugle.
Le fait d'entendre les sons, leur harmonie comme leur discorde, de goûter le silence, d'être porté par la musique est une richesse – demandez à un sourd.
Le fait de pouvoir se déplacer, monter un escalier, sauter, courir est une richesse – demandez à une personne qui est en fauteuil roulant.
Le fait de pouvoir savourer les goûts, les saveurs, les nuances des aliments est une richesse – demandez à celui qui a perdu le goût.
Le fait de sentir, d'aimer, de rire, de manger, de toucher, de savoir lire et écrire, d'avoir chaud…


La liste de nos richesses quotidiennes, que nous oublions d'apprécier, tant nous sommes hypnotisés par d'autres préoccupations, est bien longue!


Nous avons tous, au fond de notre jardin intérieur, un trésor caché, qui vaut beaucoup plus que toutes les pièces d'or du monde…





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petit texte méditer

Message par provence82 le Jeu 13 Sep - 12:08




FABLES D’ÉSOPE



Le coq et la perdrix

Un homme élevait des coqs dans sa maison. Un jour, il acheta sur un marché une perdrix domestique, la rapporta chez lui et la plaça avec les coqs. Mais ceux-ci la frappèrent à coups de becs et la chassèrent. «Ils me méprisent parce que je suis d'une autre race », se dit-elle et elle en eut gros cœur. Quelques jours passèrent; la perdrix constata que les coqs se battaient également entre eux et ne se lâchaient qu'une fois couverts de sang. Alors elle se dit : a Je n'ai plus à me plaindre d'avoir été frappée par ces coqs puisqu'ils se frappent aussi entre eux. »

Cette fable montre que les gens sensés supportent facilement les vexations des autres quand ils voient que ces autres s'en prennent aussi bien à leurs proches.



Les pêcheurs

Des pêcheurs tiraient un filet. Comme il était très lourd, ils jubilaient déjà rien qu'en pensant à leur aubaine. Mais quand le filet fut tiré sur la rive, ils y trouvèrent beaucoup de pierres et de déchets et très peu de poisson. Ils en eurent le cœur très gros, moins pour avoir ramassé des pierres que pour avoir été si déçus. Mais l'un d'eux, un vieillard, dit aux autres : « Cessons de nous affliger, mes amis. On dit que la joie a pour sœur le chagrin. Nous avons eu la joie tout au début, il nous fallait bien le chagrin par la suite. »

II en est de même pour nous : voyant combien la vie est changeante, il faut se dire que l'orage succède toujours au beau temps



Le cheval et l'âne

Un homme avait un cheval et un âne. Uni jour qu'ils cheminaient, l’âne dit au cheval : « Si tu ne veux pas que je meure, soulage-moi d'une partie de ma charge. » L'autre fit la sourde oreille et l'âne, épuisé de fatigue, tomba et rendit l'âme. Alors le maître chargea le tout sur le cheval, y compris la peau de son malheureux compagnon, et le cheval gémit : « Pauvre de moi, quelle infortune! Il ne manquait plus que cela! Pour avoir refusé de charger un fardeau léger, j'en suis réduit à tout porter, y compris la peau de cet âne. »

Cette fable montre que si les grands acceptaient de s'allier aux petits ils sauveraient ainsi leur vie.



Le berger et le loup

Un berger trouva un jour un louveteau. Il le prit et le nourrit avec ses chiens. Quand le louveteau eut grandi, il se lançait avec les autres chiens à la poursuite de tous les loups qui venaient enlever des moutons. Et quand les chiens, épuisés, renonçaient à courir et s'en revenaient sur leurs pas, lui, en loup qu'il était, continuait jusqu'au bout la poursuite. Après quoi, il rentrait au bercail. Quand aucun loup n'enlevait de mouton, il allait de lui-même en pourchasser un en cachette pour s'en repaître avec les chiens. Jusqu'au jour où le berger, voyant ce qui arrivait, en finit avec lui en le pendant à un arbre.

Cette fable montre qu'un naturel pervers n'engendrera jamais de caractère honnête.

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