Il y a quelques années France Inter avait consacré une émission au cas de jeunes Maliennes qui avaient été excisées en France. J’avais été extrêmement choquée, ce jour- là, d’entendre une chercheuse (était-elle ethnologue ?) dire : « gardons-nous de juger de l’excision avec nos yeux d’Occidentaux !». Devait-on porter sur cet acte, profondément violent, « un regard bienveillant »? Les justifications de l’époque étaient les suivantes : l’excision avait été pratiquée pour bien faire, pour permettre, plus tard, une union avec un homme de « la communauté ». Ne pas éloigner ces petites filles de leur culture d’origine, somme toute « acceptable», semblait aux yeux de cette « chercheuse » des arguments recevables.
Elle rejoignait là les intellectuels influents qui, depuis les années 70, nous ont convaincus de l’idéologie du multiculturalisme où « toutes les cultures se valent ». L’Occident ne doit plus se poser en donneur de leçons. Comment jugera-t-on dans 20 ou 30 ans ce positionnement excessivement expiatoire « des penseurs en décolonisation » ? Comment jugera-t-on ces beaux parleurs qui ont finalement continué de dicter aux peuples anciennement colonisés un prêt-à-penser ? En mettant ces peuples dans une quasi-obligation « d’abolir toute communauté de conscience entre les hommes … ils les incitent à prononcer…. la déchéance des valeurs universelles »(1). Cette idéologie qui combat l’universalisme au nom de la diversité et de l’égalité des cultures n’est pas sans conséquences.
Si, incontestablement, les peuples devaient se réapproprier la part de leur culture dont ils jugeaient qu’elle avait pu être malmenée voire niée pendant la période coloniale, retourner dans un giron culturel communautaire en voulant effacer délibérément toute référence à l’Occident a conduit, dans bien des cas, à un repli. Cela a permis le retour et/ou la perpétuation des sociétés patriarcales ou religieuses, la théorie a, d’une certaine manière, justifié l’archaïsme. La conséquence a été grave pour l’émancipation des femmes (dont beaucoup s’étaient engagées au côté des hommes au moment des mouvements d’indépendance). On les a priées de retourner accomplir les tâches auxquelles on les assignait dans « leur culture ».
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Voila un article qui intéressera les femmes et ceux qui aiment les femmes, enfin ceux qui aiment les femmes libres et sans voile.














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