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Syrie, Jordanie en camion







La SYRIE.



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La Syrie est un pays ou je me sentais le moins à l’aise, et pourtant il ne m’est jamais rien arrivé dans ce pays, mais je me disais en voyant les troupeaux de moutons que si les syriens pouvaient les faire défiler quatre par quatre, ils l’auraient fait et je pense que le peuple que nous côtoyions devait se conformer à cette façon de vivre. Nous arrivions dans ce pays par quatre points de frontière, le premier était celui de Civilgozu à l’ouest d’Alep, la grande ville du nord. D’autre fois nous arrivions par le port de Lattaquié, ou de Tartous et plus rarement quand nous rentrions vers l’Europe et en venant d’Irak nous passions par El Tanf, mais je n’y suis passé qu’une seule fois, et ce point de frontière est resté pour mois un souvenir d’un mauvais rêve. Pour transiter ce pays nous avons deux versions la première les camions faisaient leur douane et filaient vers leurs destination, puis un jour ils ont inventés le convoi, dur, dur. Nous arrivions à la frontière de Civilgozu par une ancienne route romaine et nous passions dans des ruines de l’époque Romaine. Un maître mot dans cette douane bakchich, tout était source de problème, et parfois insolite, exemple, les Transports Adnet roulaient à cette époque en Ford, et sans que nous en connaissions la raison ils se sont vus interdire l’entrée de ce pays, la raison que nous avons appris par la suite venait que le président de la Syrie avait décrété une interdiction sur les produits Américain et Israélien, résultat pas de Ford en Syrie. Un peu plus tard le tracteur est devenu le Transcontinental.

Mais ce pays nous réserva bien d’autres surprises, mais revenons à la douane, que nous passions dans sa première mouture en une demi journée, une fois la taxe payée et les formalités finies nous pouvions descendre sur la Jordanie. J’ai aussi livré quelquefois en Syrie pour des entreprises françaises tel Creusot Loir, mais les Français qui travaillaient dans ce pays vivaient en complète autarcie, d’autres fois j’ai livré les Syriens, et fait la douane à Damas et la encore une surprise je ne pouvais rentrer dans la douane, car j’étais en jean, et les jeans ne rentraient pas en douane, la tenue de ville étant exigée.

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La première ville que nous rencontrions n’était pas Alep car nous passions à coté, mais Hama, ou nous passions au travers de la ville, puis nous roulions vers Homs, avant d’attraper la grande route pour Damas.

Damas et la circulation, des feux rouges qui ne servaient à rien pas plus que les feux vert, des policiers qui faisaient la circulation en discutant, des voitures qui n’avaient plus d’âge, des piétons qui traversaient sans ce soucier des véhicules et des véhicules qui ce moquaient des piétons, un vrai bordel, et pour arranger le tout les panneaux de directions absents.

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Une fois passée Damas il restait une centaine de kilomètres pour aller à la douane de Deraa.

A Deraa j’ai livré des parois de frigo industriel, nous étions un certain nombre de camions et en arrivant au point de déchargement nous avons été accueillit par un Syrien qui nous a fait le signe de la victoire en nous disant vive De Gaulle, et le soir il nous a invité à manger, je me souviendrais toujours de ce repas, car bien des mœurs et des coutumes peuvent apparaître lors d’un repas.

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Le soir venu et la nuit tombé, nous nous sommes rendu vers sa maison, et la table était dressée dehors à même le sol, nous avions avec nous un chauffeur qui était accompagné de sa copine, et la un premier petit problème, les femmes ne mangeaient pas avec nous, mais l’hôte a respecté notre façon de vivre et si elle le choquait il n’en dit rien.

Au cours du repas il buvait de la bière du pays et la discussion était surtout faite de geste et d’un peu d’anglais avec des mots français, la bière n’étant pas très riche en alcool il ajoutait du Brandy, et il prenait une cuite devant nous, mais le plus pénible vint à la fin du repas, et je reconnais que je n’ai retenu que cela, car il nous dit que pendant la guerre du Golan il n’avait pas prit de bombe sur sa maison, et pour remercier Allah, il avait fait de son dernier fils un énuque. Nous étions en 1975 et je pensais à notre manière de vivre et je remercie aujourd’hui ma génitrice de m’avoir fait naître dans un pays que je considère comme normal.

La Jordanie




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Un pays que nous avons traversés souvent mais qui n’était qu’un pays de transit, nous arrivions toujours en venant du nord par la même frontière qui a pour nom Al Ramtha, nous avions un peu l’impression quand nous rentrions en douane, de rentrer dans un pays plus civilisé que celui de la Syrie et je pense que le niveau de vie y était pour beaucoup. Dans cette douane nous devions prendre un transitaire afin de faire les formalités pour le transit de ce pays, car rarement nous déchargions dans ce pays, nous transitions pour aller vers l’Arabie, et pour cela nous avions deux points de frontières, à l’est et au sud. Notre transitaire envoyait son rabatteur vers les camions, celui-ci avait une particularité, il était sourd muet, et donc le dialogue ce faisait en manuel, et avec des bruits de gorges pour lui, mais son infirmité le rendait très sympathique à nos yeux. Une fois les formalités effectuées et les taxes de transit payé nous sortions de la douane.

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Ce pays nous allions avoir deux façons de le transiter, la première par la route, en solitaire ou avec des copains, la traversée était rapide quand nous allions vers Al Hadit ah.

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La route à la sortie de la douane n’était pas très large et pourtant tout le trafic routier qui venait du nord passait par cette route ou pour ce croisé nous devions nous garer, les multiples échoppes étaient sur le bord de la route et nous proposait qui des œufs, qui des couvertures, qui des pièces de camions, qui n’importe quoi. Une fois que nous avions atteint la grande route, nous retombions sur une conduite plus rapide, et nous filions sur Amman, que nous évitions sur la gauche de la Capitale, puis la nous nous séparions, il y avait ceux qui allaient sur Al a Tamar et ceux qui allaient sur Al Hadit A, donc ceux qui allaient sur Ryad et les Emirats et ceux qui allaient vers Medina et Djeddah ou Ta’if en Arabie saoudite.

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Sur la route de Hal Hadit a, il y avait une caserne sur la gauche et quand nous quittions la frontière suffisamment tôt nous avions instauré un petit jeu qui consistait à faire voler le maximum de bérets des têtes des militaires, il nous fallait arriver à la bonne heure, et quand c’était le cas nous prenions de la vitesse et nous partions vers la gauche de la route en rasant le plus près possible les militaires qui sortaient. Et gare a celui qui n’avait pas la main sur son béret. Puis la route vers l’Arabie reprenait nous tournions a droite dans un village ou je me suis fait piéger par un radar français, celui que l’on rencontrait en France et que nous avions surnommé la boite à image. Cette route n’avait de particularités que la piste d’atterrissage qui nous surprenait toujours d’une route à deux voies nous passions pendant quatre ou cinq kilomètres sur une route a 10 voies. De chaque cité de la route le désert rocailleux.

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Seul un endroit très particulier pouvait attirer notre regard, nous l’avions surnommé le chalet suisse peut être à cause des palmiers qui l’entourait ou encore à cause du fait qu’il était construit en bois. Sur le parking de sable il y avait souvent garés des voitures immatriculées en Arabie, il faut dire que dans cette oasis il y avait une belle collection d’alcool de tout les pays et comme la religion du coté saoudien interdisait l’importation et la consommation d’alcool vous pouvez comprendre les raisons d’être de ce bar en plein désert.

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Sur la route de Al a Tamar la route était plus longue, et nous passions dans une partie montagneuse mais il n’y avait pas de difficultés majeurs, seule la circulation posait parfois des problèmes, car elle était beaucoup plus dense du fait, du transit pour l’Arabie mais et surtout c’était la route qui menait au grand port de Al Aqaba.

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Puis après certains événements nous avons du nous plier à une nouveauté le « convoi ». Toujours au départ de la douane de Al Ramtha, nous devions attendre pour former un convoi escorté par la police, il y avait deux départs, un pour Al Hadit a, et un pour Al a tamar, et il ne fallait pas le louper car sinon nous repartions que le lendemain. La route restant la même à ceci près qu’il fallait surtout être en tête de convoi pour avoir la possibilité de rentrer en Arabie dans la même journée, nous avions juste une obligation celle de marquer une pause sur la piste d’atterrissage. Puis nous repartions vers la frontière. Quand nous retournions vers l’Europe nous n’étions pas soumis au convoi.

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Le plus beau camion conduit par un âne sera toujours une charrette.



Textes de: Delarue Jean-Louis.

Source: Paroles de routiers